Sébastien Bertrand

Chercheur post-doctoralCzech Technical University in PragueRépublique TchèquePrague

En tant que chercheur post-doctoral canadien, la pandémie affecte ma carrière académique de façon fondamentale. Grâce à des bourses du Québec et du Canada, je me suis expatrié afin d’obtenir de l’expérience post-doctorale de qualité en Europe, à Prague où j’habite présentement. Un des plus gros changements est que je devais partir pour les États-Unis au courant de l’été pour y continuer mon perfectionnement avec un nouveau superviseur dans un autre type d’université. Avec la situation aux États-Unis, j’ai decidé de rester en Europe pour ma santé et ma sécurité.

Cela affecte aussi mes collaborations internationales et ma visibilité. Mon université est ferme et n’accepte aucun visiteur, comme la majorité des autres universités dans le monde. Il ne m’est plus possible de voyager pour le travail. Par exemple, je devais aller en Italie durant le mois de mars 2020 pour une collaboration, mais l’Italie entrait dans son pire segment de la COVID-19. Je n’ai donc pas pu.

Par chance, je suis capable de continuer ma recherche de chez moi, contrairement à beaucoup de collègues qui ont vu leur laboratoire fermer. Néanmoins, mes ressources sont plutôt limitées. Mon superviseur, qui est vice-doyen, enchaine les réunions avec l’administration pour suivre et gérer la situation en plus de devoir s’adapter au mode d’enseignement à distance. Il n’a plus le temps de faire de la recherche et son temps pour nous est extrêmement limité.

Au final, je suis dans un autre pays, isolé à la maison, quand je devrais participer aux activités du département, discuter avec mes collègues et acquérir de l’expérience à l’étranger. Même si la situation est soutenable au jour le jour, l’avenir reste incertain.

Les positions postdoctorales sont toujours temporaires et la COVID-19 a eu des impacts économiques. Les différents milieux de recherches et les universités sont réticents à engager de nouveaux employés quand les budgets des années qui viennent sont incertains. Ils doivent aussi se préoccuper de gérer la situation actuelle. Donc, ils ont peu de temps à penser à l’avenir et engager des personnes qualifiées. Cela crée de la précarité d’emploi pour les étudiants nouvellement gradués et les chercheurs avec un emploi temporaire comme moi. Plusieurs mesures ont été prises afin d’aider à prévenir de telles situations, mais plusieurs scientifiques et principalement des jeunes scientifiques ne pourront pas être sauvés durant cette crise.

En tant que chercheurs postdoctoraux, on se doit de rester compétitifs. Avec les conditions actuelles amenés par la COVID-19, le stress peut être extrêmement difficile à gérer. Il n’est plus rare que je me demande si je n’aurai pas sacrifié mon temps, mon énergie et une partie de ma vie pour rien, tout ça à cause de la COVID-19 et de ses répercussions. Je dois continuer d’avancer quand même…